Je suis à l’hôpital. J’ai perdu du sang. Au fond de moi, je sais que quelque chose ne va pas … Le gynécologue m’accueille et m’explique qu’il va procéder à un contrôle. Son visage neutre se tourne vers moi et me dit : “Le coeur de votre bébé ne bat plus. Vous n’êtes plus enceinte.” A ces paroles, je ne suis plus là. Mon monde vient de s’effondrer… 

La fausse-couche, c’est quoi ? 

La fausse couche, c’est l’interruption spontanée de la grossesse avant la 22e semaine d’aménorrhée (SA), seuil de viabilité du foetus. Elle intervient dans 15 à 20 % des grossesses confirmées, soit près d’1/5 des femmes. Ce taux grimperait encore si on devait prendre en compte les fausses couches qui surviennent très tôt dans la grossesse et qui passent alors inaperçues (la femme ne sait pas qu’elle est enceinte). La plupart des fausses couches interviennent dans les 3 premiers mois de la grossesse. Le risque est plus élevé chez les femmes ayant plus de 35 ans. 

Un certain nombre des fausses couches ne sont précédées d’aucun symptôme. Dans ce cas, on constate la fausse couche lors de l’échographie par la présence d’un oeuf clair (sac gestationnel vide) ou d’une absence de battements cardiaques de l’embryon. La fausse couche peut toutefois se manifester par des crampes dans le ventre, des douleurs dans le dos ou encore des saignements. Même si des saignements ne sont pas toujours un signe de fausse couche, il est conseillé de consulter rapidement, surtout s’ils sont accompagnés de douleurs.   

Quels sont les facteurs de risque ? 

Toutes les femmes peuvent faire une fausse couche, même celles qui ne présentent aucun problème de fertilité. Certains facteurs augmentent toutefois les risques de fausse couches :

  • l’âge (le risque augmente pour les femmes de plus de 35 ans) 
  • l’obésité
  • la prise de certains médicaments
  • l’exposition à certaines substances dangereuses ou produits chimiques 
  • l’exposition au tabac
  • la consommation excessive d’alcool
  • certains examens médicaux (par exemple, une radiographie, une biopsie du placenta ou une amniocentèse)
  • un choc émotionnel très important

En d’autres termes, il est essentiel d’avoir une bonne hygiène de vie, une alimentation saine, une vie sportive et un bon suivi médical afin d’écarter au maximum les risques de fausses couches (qui ne seraient pas liés à une pathologie). 

 

Quelles en sont les causes ? 

Lorsque nous vivons une fausse couche, la première question qui nous vient à l’esprit, c’est “Pourquoi ?”. Bien que beaucoup de causes peuvent expliquer une fausse couche, il reste malgré tout une part d’inexplicable. Parmi les causes les plus fréquentes, on retrouve :

  • l’anomalie chromosomique : il s’agit d’une anomalie qui s’est créée toute seule au cours de la fécondation, présente dans plus de la moitié des cas de fausse couche.  Les parents n’ont pas transmis cette anomalie. L’oeuf n’est pas viable et la grossesse s’arrête d’elle-même. 
  • les malformations utérines : anomalie d’insertion du placenta dans l’utérus, béance du col, utérus cloisonné, utérus bicorne (à 2 cavités), synéchies (cicatrices de la paroi utérine), polypes, fibromes, endométriose ne sont que quelques exemples de malformations possibles. 
  • les infections et virus : il peut s’agir d’infections maternelles locales (au niveau du vagin, du col, …) ou d’infections plus générales telles que les oreillons, la grippe, la rubéole, la toxoplasmose ou le cytomégalovirus.  
  • les maladies de la maman : certaines maladies dont souffre la maman peuvent avoir un effet sur la grossesse et causer la fausse couche. C’est notamment le cas du diabète gestationnel, les maladies thyroïdiennes, les maladies auto-immunes, surtout si elles ne sont pas contrôlées / suivies par un médecin. 
  • les accidents traumatiques : un accident de la route, une chute dans un escalier, la pratique d’un sport extrême ou provoquant des chocs (ski, équitation) peuvent également être la cause d’une fausse couche. Le choc vient alors déloger l’embryon qui ne se serait pas encore fixé correctement à l’utérus. 

 

Quels traitements en cas de fausse couche ?

Généralement, une fausse couche ne nécessite aucun traitement. Le foetus ainsi que les tissus résiduels s’éliminent naturellement. Dans le cas contraire, un médicament est prescrit pour faciliter l’expulsion. Si l’utérus présente encore des résidus, il est alors envisagé de faire un curetage. Le curetage est une intervention chirurgicale effectuée en hôpital de jour qui consiste à enlever le tissu interne de l’utérus, l’endomètre. 

Si la femme fait des fausses couches à répétition, des examens médicaux sont alors recommandés en vue d’un diagnostic précis. Une fois l’origine du problème connue, il peut alors être traité (notamment via une intervention chirurgicale) ou d’autres solutions peuvent être proposées. 

Si la fausse couche est isolée, une nouvelle grossesse peut être très rapidement envisagée. Il est conseillé d’attendre au moins 2 à 3 cycles menstruels avant de réessayer de concevoir un bébé. Par ailleurs, les parents devront se questionner sur leur état psychologique : sont-ils prêts à retenter l’aventure ? Ont-ils retrouvé un certain apaisement ? Ont-ils fait le deuil de cet être perdu ? 

 

Quelles en sont les conséquences ?

Une fausse couche peut paraître anodine pour beaucoup mais elle provoque chez les parents qui la vivent des conséquences, parfois plus lourdes qu’on se l’imaginait.

Conséquence physique

Même si la douleur ne fait pas partie de l’expérience de toutes les femmes ayant vécu une fausse couche, elle peut toutefois être importante et être très mal vécue. Elle peut même être vue comme inutile. Des contractions, une douleur intense pour … rien. Le fait d’être renvoyée à la maison avec des médicaments pour faciliter l’expulsion et le vivre seule avec son/sa partenaire à la maison, ou de passer sur la table d’opération pour subir un curetage peut être traumatisant. Certaines femmes peuvent même avoir cette impression d’avoir été violée ou meurtrie dans leurs chairs. 

Conséquence psychologique

La fausse couche est souvent diagnostiquée lors d’une échographie. Il s’agit souvent d’un moment difficile et chargé en émotions aussi bien pour la femme que pour son/sa partenaire. Divers sentiments peuvent alors prendre le dessus : tristesse, colère, honte, culpabilité, …  Une douleur sourde s’installe et laisse petit à petit la place au deuil de ce bébé qui ne sera jamais. Le deuil périnatal sera vécu différemment par la femme ayant vécu la fausse couche et son/sa partenaire. En effet, le/la partenaire n’a pas encore psychologiquement intégré qu’un bébé peut arriver dans quelques mois. Chez certain.e.s, l’épreuve que constitue une fausse couche revêt la forme d’un trouble de stress post-traumatique. 

Conséquence sociale 

Après une fausse couche, surtout si elle est précoce, le couple se mure dans un silence. N’ayant pas annoncé la grossesse, à quoi bon annoncer la fausse couche ? Si ce tabou était brisé, le couple pourrait bénéficier plus facilement du soutien de la famille, des amis voire même de leurs collègues dans pareilles situations. Le contact avec des femmes enceintes ou des bébés pourrait être également mal vécu et créer des sentiments de chagrin, de colère voire de jalousie à l’égard de ces femmes enceintes. 

La remise en question de devenir parents

Pour certain.e.s, la fausse couche vient chambouler leurs croyances en matière de procréation. Pour les hommes, cela vient plutôt toucher à leur virilité, leur capacité à faire un enfant. Pour les femmes, cela vient souvent remettre en question leurs fonctions féminine et maternelle. Dans tous les cas, la fausse couche vient retarder, compromettre la possibilité d’accéder au statut de maman/papa mais pas que … elle vient également soulever une impuissance et réveiller des craintes. L’une d’elles est le moment redouté d’une nouvelle grossesse.    

 

Comment surmonter cette épreuve ? 

Fausse couche … Terme plutôt mal choisi pour cette expérience triste, douloureuse et bien réelle que vivent les parents. Qu’elle soit précoce (avant 14 SA) ou tardive (jusqu’à 22 SA), les parents ne perdent pas un embryon ou un foetus mais bien leur bébé tant attendu. C’est pourquoi ils doivent bénéficier d’un soutien, d’une aide après cette épreuve. Voici quelques pistes :

  • briser le silence (en parler aux proches, amis ou collègues)
  • exprimer ses émotions, surtout au niveau du couple afin de vivre l’épreuve ensemble 
  • entamer un suivi psychologique 
  • faire un rituel ou une cérémonie d’adieu
  • participer à un groupe de paroles de parents endeuillés
  • rencontrer une doula spécialisée en deuil périnatal
  • prendre soin de son corps par le massage, l’ostéopathie, l’acupuncture, …
  • … ou toute autre action qui pourrait venir apaiser les parents.

 

Vous avez vécu une fausse couche ? Vous ressentez le besoin de déposer votre histoire dans un espace de bienveillance et d’empathie ?
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